La Lettrine : le monde littéraire passé à la moulinette
Petit billet de (mauvaise) humeur… Si vous êtes Parisiens comme moi et que vous avez un petit appartement et un petit budget, il vous arrive très certainement de revendre vos livres chez Gibert… Je sais, pour avoir fait des stages dans le milieu de la presse et de l’édition qu’un roman nouvellement publié a une durée de vie de deux mois : passé ce délai, il est considéré comme « périmé », souvent retiré des gondoles voire mis au pilon. D’où l’effervescence en septembre…
Ce matin, je me suis donc rendue à Saint-Michel avec le fol espoir de pouvoir échanger mes bouquins contre quelques nouveautés. Je faisais fausse route : mes livres avaient déjà passé la date de péremption : c’en est déjà fini pour Quartier général du bruit, l’Histoire de Chicago May, etc. ça ne vaut plus un clou. Le vendeur n’a même pas voulu me les reprendre pour quelques piécettes, « on n’en a plus besoin » m’a-t-il rétorqué.
Alors certes je suis fâchée de ne pouvoir revendre mes livres mais ce qui me révolte le plus c’est de prendre conscience à quel point Alberto Manguel a raison lorsqu’il dénonce le fait que notre société réduit la culture à un « appareil commercial » où « le profit nous détruit en tant qu’humain ». Un livre n’a pas le temps d’être ouvert qu’il est déjà condamné à disparaître. Les auteurs célèbres ont la chance que l’on parle de leurs romans dans divers journaux, émissions, mais les autres… Il faut du temps pour que le système « de bouche à oreille » fonctionne… Cette mauvaise expérience m’a démontré à quel point notre société est fragile, elle construit de nouvelles bases sur du factuel et ne s’occupe plus de culture à long terme.
tu peux tenter de revendre via les sites Amazon ou priceminister ou tout autre du même genre.
Hélas hélas hélas pour tout ce que tu dis, surenchère de publications, etc. Pour combien de romans qu'on retient au final ? Je me faisais cette réflexion aujourd'hui : un bon livre, n'est-ce pas tout simplement celui dont on se souvient 6 mois après, ou des années après ? et au regard de mes petits carnets ou je garde mes titres lus, je dois bien avouer que je suis incapable de raconter la plupart de ces histoires avec lesquelles j'ai passé de nombreuses heures...
Même les bouquinistes me font halluciner, le dernier à qui j'ai posé la question m'a dit "moi, je ne prends plus de bouquins en dessous de 60. Venez avec une soixantaine, des brochés uniquement, et on verra ce qu'on peut faire." Bien sûr ! je vais me coltiner sur le dos à pied 60 bouquins, que je n'ai de toute façon pas !
Finalement je préfère les échanges entre copines : au moins on a toujours de quoi lire, et on fait plaisir, puisque finalement le peu d'argent que je récolte en revendant ce que j'ai déjà lu, est automatiquement et immédiatement reversé en achat...
(Même la bilbiothèque n'a pas voulu de mes livres de poche, "non merci, on en a trop". )
Si vraiment vous voulez vous débarrasser de bouquins, allez voir le documentaliste du collège ou du lycée d'à côté - s'ils sont en bon état il se fera un plaisir de les récupérer.
(évidemment il ne les achetera pas, déjà qu'on n'a pas de budget pour les livres neufs)
Il suffit qu'il n'y ait qu'une seule personne dans le monde qui ait envie d'acheter le livre que vous avez pour qu'il acquière une valeur. Là où Gibert ne pouvait se permettre que des stocks de produits qu'il sait pouvoir écouler rapidement.
Dans mon cas, j'ai trouvé de rares perles de littérature, de musique et toutes sortes d'objets grâce à internet. À rebours de ce monde "d'appareil commercial" qui est certainement plus visible lorsqu'on ferme les yeux sur ce qui existe...
Bonjour,
J’assure la chronique " Blogs à part " sur France inter (du lundi au vendredi à 06h 20) et j’aimerais consacrer une de mes prochaines interventions à votre journal en ligne. Seriez-vous d’accord pour une interview téléphonique ? Dans tous les cas, merci de me faire savoir par un mail en indiquant, le cas échéant, un numéro de téléphone où vous joindre.
Merci, bon blog et, je l’espère, à très bientôt.
AB
n.b. : vous pouvez aussi écouter et podcaster la chronique en vous connectant sur le site de France inter
Un grand plaisir pour moi c'est d'envoyer des livres dans d'autres pays,. en particulier à ma correspondante Russe qui en échange m'envois des livres russes ( j'apprends le russe ).
Là echange intéressant
Sinon avec certaine revue on peut faire des echanges avec les gens, et là, s'ouvre en plus, un dialogue : je cite Lire - le Magazine littéraire et la veillée des Chaumières, cette dernière publication aussi vieille que le figaro et a sa 11 millème et quelque parution.
Carl