La Lettrine : le monde littéraire passé à la moulinette
Ce matin, comme je vous l’avais annoncé, André Brink était invité sur France Culture, dans l’émission à « Voix nue », présentée par Catherine Pont-Humbert, pour raconter son parcours en tant qu’écrivain afrikaaner. Cinq rencontres sont prévues d’ici vendredi.
André Brink est auteur de romans et d’essais. Il vient de publier une biographie fictive, L’Amour et l’Oubli (Actes Sud) où un écrivain sud-africain raconte ses souvenirs, ses combats politiques de Sud-Africain blanc, militant contre l’apartheid. L’auteur reprend dans ce roman les thèmes qui lui sont chers : la politique de son pays, les injustices, les révoltes…
André Brink est né en 1935, dans l’état libre d’Orange, en Afrique du Sud. Dès les années 60, il séjourne en France pour faire des études à la Sorbonne. C’est à cette époque qu’il rencontre pour la première fois des intellectuels Noirs. Il décide alors de rentrer dans son pays, et de se consacrer à l’écriture, seul moyen, selon lui, de faire connaître publiquement ce qui se passe en Afrique du Sud. André Brink est un Afrikaner, c’est-à-dire qu’il parle l’afrikaaner, qu’il appartient à l’église calviniste la plus austère et qu’il est Blanc. Ses parents, très conservateurs l’éduquent avec ces valeurs et dans un régime de répression à l’égard des femmes jugées inférieures.
Il est à Paris lorsqu’a lieu le massacre de Sharpeville, à Johannesburg faisant soixante-neuf morts. C’est ce jour-là qu’il prend conscience de la réalité en Afrique du Sud et de la responsabilité des Afrikaaners dans ce drame : « Je suis né sur un banc du Luxembourg, à Paris, au début du printemps 1960 ». Il remet toutes ses croyances en cause ainsi que ses convictions. Il prend des distances par rapport à ses parents et sa communauté religieuse et décide de résister grâce à l’écriture. Il fait partie des premiers Afrikaners à renouveler le genre romanesque sud-africain. Grâce à son séjour à Paris, il rencontre divers écrivains comme Adam Small ou Etienne Leroux. Au plus noir de la nuit (datant de 1973) est son premier roman engagé. Il est bien sûr censuré en Afrique du Sud pour « pornographie ». Il décide d’écrire en anglais pour échapper à la censure mais continue à écrire aussi en afrikaaner afin de montrer sa « contestation au régime apartheid et prouver que la langue est plus grande que la répression ». Dans Une Saison blanche et sèche (son quatrième roman, lui aussi censuré, prix Médicis étranger en 1980), il veut faire prendre conscience à ses lecteurs de la réalité en Afrique du Sud pour que l’on ne puisse plus dire que l’on ne savait pas ce qui s’y passait.
Cette première émission fut très intéressante et prometteuse pour la suite : demain, Brink parlera d’Histoire. Sa vie est connue, certes, mais il a une façon de s’exprimer et de raconter des anecdotes qui ont rendu ce moment vraiment intéressant. A suivre, donc.
Au plaisir de vous relire
Je ne pense pas que les livres d'André Blink ont été interdits pour des questions de pornographies sinon pourquoi ceux là specialement et pas d'autres je pense plutot que c'est sur des rapports interaciaux qui derangeaient à l'epoque comme par exemple j'irai cracher sur vos tombes de vernom sulivan ( bon orthographe)
En fait je trouve même un certain romantisme dans les livres d'André Blink et non de la pornographie. La porgraphie c'est autre chose. Là il parle de passions surtout douleureuses et la passions douleureuses sont justement des belles passions lorsque l'on est voit après coup avec le recul car elles font grandir.
Carl
A très bientôt
Carl
eT tiens je dois voir du romantisme partout en ce moment mais je trouve le personnage de Gervaise très romantique.
Au plaisir de te relire