La Lettrine : le monde littéraire passé à la moulinette

        C’est un bien curieux roman que je viens de lire : Perdu le Paradis du néerlandais Cees Nooteboom. L’histoire mêle les époques, les pays et les genres. Dans le prologue, un homme, assis dans un avion, observe une jolie femme lisant. Il voudrait connaître le titre mais elle s’arrange pour ne pas le montrer. S’ensuit une réflexion sur la manipulation des livres par les femmes. Selon l’observateur, celles-ci sont extrêmement discrètes quant à ce qu’elles lisent. De leur côté, « les hommes ne lisent plus ». le prologue prend fin quand l’homme atterrit. 

       Sans transition, deux jeunes femmes brésiliennes, d’origine allemande, Alma et Almut, sont présentées. Toutes deux sont passionnées par la culture australienne. Elles sont étudié l’histoire de l’art et Alma s’est spécialisée dans la Renaissance et la représentation des anges dans les scènes d’Annonciation.

         Un jour, elles se décident à réaliser leur rêve : partir en Australie, à l’aventure. Alma rencontre un vieil homme, Cyril Clarence, spécialisé dans la culture aborigène. Grâce à lui, est posé le problème de la colonisation, des réserves, sortes de musées où sont regroupés les aborigènes, refusant le progrès. Ce passage est très intéressant car il n’affirme rien, il interroge. Les aborigènes ont-ils raison de vouloir garder leurs coutumes, et demeurer en dehors du monde moderne ?   Alma va également rencontrer un peintre, un aborigène, inaccessible dont elle va tomber éperdument amoureuse. A travers cette rencontre fugitive, elle perd son innocence et ses illusions et sa vision angélique du monde.

         Arrivée en Europe : c’est désormais la vie d’un critique littéraire, Erik Donzak qui nous est racontée. Mais ne vous inquiétez pas : à la fin, le puzzle est reconstitué !

          Dans Perdu le Paradis, l’auteur nous entraîne dans un univers vaporeux, léger mais étrange. On est quelque peu déboussolé par ces différents récits et narrateurs et par une histoire qui tarde à se mettre en place. Mais Nooteboom, qui n’en est pas à son premier essai (près d’une vingtaine de romans sont traduits en français), écrit un roman poétique et féerique, finalement bien ficelé.
Lun 27 nov 2006 9 commentaires
J'ai lu ce roman. Il est très étrange comme tu dis. Pas mal d'histoires et de voix narratives. Je me suis un peu ennuyé au début. On se demande de quoi il est question.
Charly - le 27/11/2006 à 23h51

Encore un livre à découvrir...

Carine - le 28/11/2006 à 11h23
Il m'a l'air effectivement bien étrange et tentant que je m'empresse de noter comme cela je pourrais découvrir le style de Nooteboom. ;-)
Florinette - le 28/11/2006 à 13h57
Celui-là ne me dit pas... Bonne journée !
Killroy - le 28/11/2006 à 15h48
Je vais le prendre à la bibliothèque car il m'intrigue...
Hugo - le 28/11/2006 à 15h58
Un roman fort intriguant (comme je les aime), mais je crois que je vais patienter et attendre sa sortie en poche.
Louis - le 29/11/2006 à 14h48
Ou tu peux l'emprunter dans une bibliothèque. C'est par ce biais que je l'ai lu.
Anne-Sophie
J'ai lu un article sur ce roman dans Lire : comme toi, le journaliste mettait en valeur ce côté étrange, compliqué de l'histoire. Je ne suis pas certain d'adhérer et de bien comprendre ce genre de livre.
Pierrot - le 30/11/2006 à 18h06
J'ai lu en septembre ce roman. Je l'ai trouvé envoûtant, poétique. L'auteur a inséré divers poèmes sur les anges. C'est une excellente idée d'autant que la figure angélique tient une place dominante dans le roman.
Marie - le 01/12/2006 à 10h58

Comme ce livre semble complexe mais beau. Je te fais confiance et vais l'acheter...


Merci !

Pierrot - le 04/12/2006 à 17h53