La Lettrine : le monde littéraire passé à la moulinette

            Jusqu’à présent, je vous ai présenté des textes publiés par les grandes maisons d’édition, Gallimard, Grasset, Le Seuil, etc., parce qu’ils correspondent à la ligne que je veux donner à mon blog : l’actualité. Je concentre donc mon attention sur les romans qui font la Une des magazines et des suppléments. Mais aujourd’hui, je vais déroger à la règle en vous présentant une revue, Diérèse.

            Daniel Martinez préside, depuis sa création en 1998, à cette revue trimestrielle. Celle-ci, sans être thématique laisse une large place à la poésie. En effet, les trois premières parties de la revue sont consacrées à la reproduction de poèmes. La première propose des poèmes, en version originale et en traduction française d’auteurs étrangers célèbres comme Tony Harrison, Garcia Lorca (il s’agit de lettres envoyées au peintre Dali). Une deuxième partie présente des poèmes d’auteurs français connus (du cercle intime des lecteurs de poésie) comme Richard Rognet ou Paul-Louis Rossi. Enfin, une dernière partie est dédiée aux poètes quasi inconnus.

            Néanmoins, Diérèse n’est pas une revue sur la poésie. Ces auteurs déjà cités, et un certain nombres d’autres offrent divers récits, des « libres propos » sur l’écrivain Walser, l’éditeur Nadeau ou les éditions L’Improviste ainsi que des notes de lecture sur des recueils de poèmes essentiellement. Enfin, la revue se clôt sur une lettre poétique du poète Valence Rouzaud, lettre en hommage au poète Gérard de Nerval.

            La revue, très riche en textes variés, en sensibilités diverses, offre également de nombreuses illustrations, en noir et blanc, photos et dessins de Garcia Lorca, reproductions de dessins et de tableaux contemporains : Ariel, François Dilassier, André Mathiau et Pacôme Yerma.

            Cette revue est intéressante, agréable à lire, hélas, elle est très peu médiatisée. En effet, selon Daniel Martinez, seul aux commandes de cette revue, « faire reconnaître cette politique éditoriale n’a pas été sans mal, puisque la responsable du rayon critique d’Aujourd’hui Poème (qui par ailleurs a été publiée dans Diérèse) n’a jamais jugé bon de parler de la revue (…) aujourd’hui encore, les services de presse que je demande à de « grosses revues » comme Action Poétique, Europe, Le Nouveau Recueil…me sont comme à bien d’autres refusés ». Mais ce n’est pas tout, pour boucler cette revue ambitieuse, Daniel Martinez doit travailler énormément. Selon ses dires, il dormirait très peu pour avoir le temps de lire les textes, les mettre en page, les corriger, etc. Il y consacrerait ainsi l’essentiel de son existence car « La poésie est pour moi une passion, rien de plus ou de moins ».

            Demain, je vous ferai part de la lecture d’un poète, Valence Rouzaud, publié également par Daniel Martinez, aux éditions Les Deux-Siciles.

            Très important : les revues littéraires ne fonctionnent que par abonnement : Diérèse publie 4 numéros par an, et coûte 32 euros. Si vous souhaitez vous abonner,  envoyez vos textes ou bien recevoir des renseignements supplémentaires sur la revue, écrivez à Daniel Martinez, 8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière.

Mer 10 jan 2007 16 commentaires
Bonsoir Mademoiselle, J'aimerais, exceptionnellement, diffuser une réaction à un post qui me scandalise, sur le blog de votre "amie" wrath, laquelle m'a bloqué l'accès aux commentaires. Je n'abuserai pas de votre hospitalité en manières de droit de réponse, veuillez donc d'avance m'en excuser. Par ailleurs deux choses : si je viens ici, c'est que votre propre commentaire dans le dit article (http://wrath.typepad.com/wrath/2007/01/american_black_.html#comment-27500038) me parait récupérable, plus nuancé, moins bête car effectivement avéré par les faits. En tout cas rien de scandaleux, à mon avis, d'un point de vue éthique et humain. Enfin, deuxième point, je reviendrai avec plaisir, si vous me le permettez, sur votre blog, que je découvre à l'instant, et qui m'a l'air autrement plus intéressant et littéraire ;) Sans flagornerie, suffit de comparer, ca prend deux secondes. Mon commentaire à l'intention du blog de wrath, commençant par une reprise de citation de son article, est donc le suivant : " "A croire que l'Islam est incompatible avec la démocratie..." Oula, ca devient sérieusement extrêmiste ici. Contrairement à vos récits, Madame Jaillant, là c'est vous qui dites ca, on est bien d'accord. Je fais bien de me casser. Citez l'histoire comme ca vous arrange, c'est de la rhétorique islamophobe, ainsi que de mélanger considérations sur le terrorisme et le monothéisme, tout simplement. Les Allemands et le Japon d'après la première guerre mondiale, c'était pas super super démocratique hein...En attendant, la shoah et les deux guerres mondiales, c'est pas les arabes, c'est pas l'islamisme, encore moins l'Islam. Par contre, c'est vrai que le Pape, on voit bien dans Amen de Costa Gavras que c'était pas un bon catho. A mon tour de jouer avec les mots et les "idées" : parmi les mots suivants, trouvez l'intrus : Dantec, art et politique, Jaillant, exil bidon, xenophobie, terrorisme idéologique, propos fascisants, exclusion, l'humoriste Jamel. Bref, je me retrouve davantage dans Indigènes et dans les propos, et textes, de Malek Chebel, que sur ce blog. Je vous dis adieu Mademoiselle, je vous avais prévenu. Ce que j'avais pas prévu, car je découvre ce post, c'est que ce serait avec autant de fierté, et autant de mépris. Très bonne continuation néanmoins, si on vous retrouve égorgée, je déposerai un loukoum sur votre tombe, quand même, car je suis évidemment contre TOUTE forme d'extrémisme (ce que je précise, car ca n’a pas l’air d’aller de soi dans votre ligne éditoriale). La censure en est une, vos propos également. Adieu, s'il existe. Diplomatiquement, Michael Flame" Si cela vous dérange, vous pouvez bien évidemment lui transmettre. Mais j'aimerais que ma réponse soit aussi publique que son objet, car la simple idée d'être nominativement lié à un tel blog, me répugne. Quand on voit la propension qu'ont les gens à faire des amalgammes, il me parait salutaire de clairement, et dirèctement, me situer, me positionner par rapport aux autres...euh...aux autres auteurs. En vous remerciant d'avance Anne-Sophie, veuillez croire en l'expression de mon respect, et à ma future assiduité à consulter votre alléchant blog, quelqu'en soit le contenu, pourvu qu'on puisse y répondre sans se faire en permanence moraliser à travers des articles monothématiques sur l'injustice de l'édition...lol A bientôt? Respectueusement, MF
michael flame - le 10/01/2007 à 19h33

Eh bien voilà, je pense que Whrath aura lu votre message ainsi que les autres lecteurs.

A bientôt

Anne-Sophie

Bonjour,


Connaissez vous des sites, blog sur la poésie, publications de poème, etc...Pourquoi pas une catégorie poésie sur votre blog.


Roger

Roger - le 11/01/2007 à 11h04

Bonjour Roger,

Je connais quelques blogs sur la poésies. Je vous conseille d'aller sur celui de Bleu de paille : http://noirsanssucre.vnunetblog.fr/bleudepaille/ ou poezibao (http://poezibao.typepad.com/poezibao/) qui offre de nombreux liens vers d'autres blogs.

En ce qui me concerne, a priori, j'évoquerai peu la poésie, simplement quand l'occasion se présentera. J'aime la poésie mais je connais peu la création contemporaine. Mais c'est avec grand plaisir que j'ai fait mon billet sur la revue Diérèse et que j'en ferai un sur Valence Rouzaud.

Très bonne lecture, à bientôt

Anne-Sophie

Merci infiniment Mademoiselle...comment vous remercier davantage? ;)


Cher Roger, j'aime bien celui-là : http://www.maulpoix.net/


Bonne journée à toutes et tous!


Respectueusement,


MF

michael flame - le 11/01/2007 à 15h26
Le problème en poésie, c'est que son image est indissociable d'un romantisme échevelé, alors qu'elle est aussi l'arme idéale des combats et porte haut ses fiertés et ses passions, lorsque des poètes comme Edouard Glissant, ou René Char, pour ne citer qu'eux, s'en servent si brillament.
Bien à vous,

Michel Giliberti
Michel Giliberti - le 11/01/2007 à 18h06

Je suis pas d'accord. Déjà, si problème il y a, c'est pas dans la poésie, mais dans la société, et donc dans la réception et l'intérèt qu'on porte à la poésie. Ce qui n'est qu'un cas à part du désintérèt plus général porté à la litté. Normal, la poésie, c'est de tradition littéraire pluriséculaire le "genre noble", et forcément, noblesse et démocratisation, consommation de masse, cherchez l'intrus. Notre époque littéraire est l'apanage du roman, longtemps décrié et dévalué aux siècles précédents. Maintenant, dire que la poésie est morte, que c'était bien avant, ca fait réac aussi cette posture, car faut aussi vivre avec son époque et accepter de considérer la mouvance artistique : aujourd'hui, la poésie moderne, c'est le rap. Le succès de l'excellent album Gibraltar d'Abd Al Malik prouve que la poésie est toujours aussi puissante, quand elle sait véhiculer un message d'époque avec des mots à la fois d'époque et hors du temps. Je recommande cet album à tout le monde. Et au passage, je suis effaré de ne pas trouver Gainsbourg dans les discours vingtièmistes d'historiens littéraires de la poésie. Ecoutez Variations sur Marilou, et vous verrez que si l'idée grossière qu'on se fait de la poésie (Ronsard, Apollinaire, Verlaine, etc etc, ce que vous appelez globalement à tort, il me semble, "romantisme échevelé") est démodée, la poésie elle-même, à savoir l'art de la microdensité de lecture des mots, est belle et bien vivante, génératrice de débats de sociétés parfois houleux, parfois méprisants, et en tout cas, elle fédère : tous les rappeurs et slameurs sont des fils spirituels de Gainsbourg, pratiquement.


Rapeusement,


MF

michael flame - le 11/01/2007 à 22h30
Je suis ravi de votre réponse, car je suis passioné par la poésie qui se dégage de certains textes de rappeurs (j'en ai même fait un article dans mon blog à ce sujet et mes romans parlent souvent de ce milieu que je connais bien.)
C'est tellement difficile de dire ça aurtour de soi (à mon âge) mais pour moi certains de ces textes sont aussi bouleversants et aussi nouveaux que pouvaient être les textes de poètes qui ont marqué nos mémoires.
Merci aussi de parler de Gainsbourg dont la poésie sournoise et sophistiquée berce souvent mes oreilles (de choux... donc.)
Vous me donnez la pêche.
@ +
Michel
Michel Giliberti - le 12/01/2007 à 07h36

Ravi de vous ravir mister ;)


Sympa votre site - puisque vous l'évoquez- vos "dessins" réalistico-mystiques, j'aime bien, on dirait des "anges modernes", avec un côté eugénisme esthétique (jeunesse, visages irréprochables, air intelligent et désabusé) qui me dérange un tout petit peu par sa froideur, la difficulté qu'on peut avoir à priori à ne pouvoir pas y donner un sens, sinon l'invitation contemplative d'une esthétique idéalisée, notamment grâce à l'intelligence de vos compositions (effets de zoom intriqués, sorte de mise en abime visuelle pour l'une de vos planches, qui interroge la mise en scène, comme un projecteur supplémentaire au grain du dessin qui dirait : "regardez moi encore"). Globalement, ca me rappelle le charadesign de certains mangaka, une influence de ce côté là j'imagine? Sinon, votre sensibilité poétique est très tournée vers l'enfance, une esthétique pédérastique? L'expression de fantasmes heureusement- ou pas- refoulés? L'envie de saisir l'innocence minimaliste du monde de l'enfance? J'ai l'impression, à vous lire, et à regarder vos productions visuelles, que le côté éphémère de la jeunesse vous pèse particulièrement.


Au plaisir d'avoir votre réponse, on en saura plus sur vous ;)


Et vous Anne-Sophie, à quand le prochain post? :)


Respectueusement,


MF

michael flame - le 12/01/2007 à 20h18
Je suis ravi que vous ayez été faire une excursion sur mon blog et je suis surtout extrêmement séduit que vous prenez le temps d’en faire une approche « analytique ».
Je dois vous dire que ma peinture perd énormément de son sens sur un blog et d’être réduite à quelques images piochées de-ci, de-là, en fonction de mes textes est très frustrant.  L’impact de la grandeur qui laisse voir la technique des glacis, technique classique de la renaissance italienne s’échappe tout à fait . Je suis un fou de cette époque et n’ai jamais su peindre autrement, et ce, depuis l’enfance. Les sujets que j’aborde sont loin d’être seulement esthétiques et m’ont même valu une interdiction d’affichage à l’époque des événements tragiques des twins towers où mes tableaux étaient très « politisés ». L’image parfaite n’est qu’un prétexte à accrocher l’œil et dire autre chose après sur le thème de la blessure. Sur le blog, je mets des sujets plutôt esthétiques, c’est vrai, car j’y suis attaché, mais je puis vous assurer que ça ne ressemble en rien à de la BD quand on est placé devant des toiles de deux ou trois de haut parfois ; la BD ne m’a jamais parlé. Ceux qui ont fait que je peins et sculpte s’appellent Le Caravage, De Vinci,  Holbein, Géricault, etc. Quant à l’enfance, elle est accrochée à mes baskets, c’est vrai, mais elle me sert de carburant. Un artiste a besoin d’une certaine dose de mélancolie constructive, si je puis dire. C’est comme un tube de peinture que l’on ouvre, un encrier à disposition. L’enfance est un matériau. Sitôt le travail fini, je referme tout et je suis dans l’euphorie et le combat ; aucune nostalgie. Je suis même trop tourné vers l’avenir, trop agaçant, trop speed, trop engagé, trop, tout et je fatigue tout le monde. Je voyage beaucoup ; je vis à la fois en France et en Tunisie, bref, aucune mièvrerie contemplative (ce qui rejoint ce que je vous avais dit à propos de la poésie). Mon homosexualité est comblée, je suis depuis 35 ans avec le même garçon.
ça me fait plaisir de vous parler de ça, ce n’est pas un devoir de justification, croyez-le bien, mais la vision d’un artiste passe fatalement par sa production, pourtant, il y a la distance secrète à parcourir entre l’œuvre et l’homme. Si je m’étais laissé emporter par la simple et classique rêverie supposée et n’être pas engagé comme je le suis, je n’aurais pas pu vivre de ce métier depuis 30 ans, exposer dans le monde entier et être en permanence dans la même galerie à Paris, depuis maintenant dix ans.
 Pardonnez ma longueur et je vous adress toute ma sympathie.
Bon maintenant, je vais continuer ma lecture... dans votre blog.
@ +
Michel
Michel Giliberti - le 13/01/2007 à 10h00

Bah j'ai bien fait de'mander! ;) Je pense que Mademoiselle Anne-Sophie sera également ravie de recueillir un témoignage d'artiste accompli, mais encore assoiffé de combats et d'avenir. C'est vrai que le travail sur la lumière de vos tableaux de deux ou trois de haut passe mal sur un blog, et j'aurais du voir une influence Du Caravage, le maître du clair-obscur, et Géricault and co (en moins morbide, certes! encore que cette touche désespérante...j'aime bien celui du tunnel à la rondeur placentaire, que vient contrasté la présence de cet iconoclaste corbeau, si mon souvenir ne me trompe pas). Cela dit, ayant été bercé par les mangaka japonais (Yuuki, Amano, etc), aux styles hauts en couleur bien souvent, ma remarque n'avait rien de désobligeant, comme vous l'avez bien supposé. La renaissance italienne, et oui, l'époque des mécénats, l'essor de l'humanisme, de l'homme...de là à penser que vous êtes artiste et esthète jusque dans votre appartenance sexuelle, vous faites bien de le préciser sans justification, on le devine comme ca! En tout cas, bravo pour votre fidélité, 35 ans, c'est les noces d'argent non? Ou le pax d'argent, enfin, c'est kif kif bourricaut hein ;)


Bien bah voilà, merci à vous de nous éclairer sur vos clairs obscurs, sur votre sensibilité, et je note qu'il faudra visiter votre galerie parisienne (l'adresse?). Enfin, bonne chance pour lire mon blog, car j'en ai pas! Mais c'était gentil d'y songer. Ciao l'artiste,  et bonne journée à toutes et tous.


Journalistiquement,


MF

michael flame - le 13/01/2007 à 14h04
 Bonjour, belle journée, et puisque vous m'y autorisez, je vous donne le nom de la galerie qui m'expose en permanence :  Galerie Benchaïeb, au 64 r Mazarine, Paris dont le lien est sur le blog.
Bien à vous,

M
Michel Giliberti - le 14/01/2007 à 13h39