La Lettrine : le monde littéraire passé à la moulinette
Il est certains auteurs, si prestigieux, qu’il semble impossible de les critiquer ou de remettre en cause leur production artistique. C’est le cas du célébrissime Philippe Labro, écrivain, journaliste, réalisateur, ex vice président de RTL, créateur de la chaîne Direct 8… Difficile, en effet, d’émettre le moindre jugement négatif à son égard sans craindre des représailles. Quoiqu’il fasse, c’est donc toujours très bien.
J’en ai pour preuve sa dernière publication : Des cornichons au chocolat. Eh oui, c’est bien le très sérieux Philippe Labro qui a écrit, en 1983, ce journal d’une adolescente en mal de reconnaissance, publié à l’époque sous le pseudonyme de Stéphanie.
A l’époque, Philippe Labro avait rédigé une introduction expliquant pourquoi il a voulu collaborer à la publication de ce texte. D’abord, il estime que « ce livre est une véritable surprise littéraire qui mérite quelques explications ». Stéphanie aurait ainsi observé avec finesse et lucidité le monde qui l’entoure et aurait adopté « un ton inimitable, mélange précoce de maturité et de révolte, une invention perpétuelle de mots et d’expressions qui ne peuvent appartenir qu’au monde des adolescents (…). Le tout est irrésistible de comique et de pathétique, et, à ma connaissance, sans précédent ». Et modeste avec cela…
A la manière des auteurs du 18ème siècle que sont Marivaux (La Vie de Marianne ou Le Paysan parvenu), Laclos (Les Liaisons dangereuses) et bien d’autres, Philippe Labro a voulu faire croire dans un premier temps que ce roman n’était pas de lui mais qu’une jeune fille de 16 ans, Stéphanie, avait remis ce journal intime aux éditions J.-C. Lattès. On avait alors fait appel à Philippe Labro pour aider le jeune auteur à corriger le manuscrit et éclaircir certains points. C’est tout. Philippe Labro s’est pris pour Laclos ! Hélas, avec Des cornichons au chocolat, on s’éloigne des grands modèles du siècle des Lumières. C’est un gentil roman sur une adolescente qui déteste l’école, n’a pas d’amis hormis un garçon handicapé et secret, et qui a un péché mignon : les sandwiches aux cornichons et au chocolat. Si adolescent on peut s’identifier aisément à Stéphanie, adulte, rien n’est moins sûr.
Quoique… Eléonore de la Grandière, du Nouvel Obs, ne semble pas partager mon point de vue. Pour elle, Des cornichons au chocolat serait « drôle et touchant […], à l'instar de son héroïne, n'a pas pris une ride, se savoure avec autant de plaisir ». Et de conclure : « Vous reprendrez bien quelques cornichons au chocolat ? ». Sans façon.
Quand je vous dis qu’il est impossible de critiquer Philippe Labro !
Quand je vous dis qu’il est impossible de critiquer Philippe Labro !
Ben si c'est possible... Tu viens de le faire ! ;0)
C'est bien d'être une modeste blogueuse: en novembre dernier je ne me suis pas trop gênée pour critiquer ce Mr, et le "milieu" en a pas eu grand chose à faire!
Ado, j'avais lu "Les cornichons...". Il m'avait plu, mais adulte je n'ai pas envie de le relire...
Je n'ai pas lu Monsieur Labro, vache sacrée du cinéma, des média, et peut-être moins de la litté. Néanmoins, je trouve votre procès d'intention minable, du moins stérile. Qu'il reprenne à Laclos et à Montesquieu une stratégie rhétorique de vraissemblance du récit fictionnel, ca n'a rien de bien grave. A fortiori pour un jeune auteur qui, confronté à un premier texte, doit bien adopter une posture sélective face à tout ce qu'il a lu, et face à la démesure créatrice bordélique de ses ambitions : c'est pas facile d'écrire, c'est pas facile non plus de vivre. Labro me rappelle par bien des aspects mon feu grand-père (avec des différences évidemment tout aussi nombreuses, deux individus sont différents, surtout quand ils sont singuliers) par son intelligence, sa douceur, sa profonde gentillesse d'écoute. Les philosophes des Lumières étaient élitistes à raison : leur époque n'était pas la notre, les gens n'avaient pas notion de l'esprit critique, de la connaissance, du progrès des idées. Labro lui, se fait passer pour une jeune fille pour écrire à ce sujet. Preuve de son ouverture. Car il est évident qu'il programmait déjà à l'époque une illusion éditoriale qu'il comptait déprogrammer bien plus tard. Je trouve ca tout à son honneur. Je suis pas d'accord avec tout sur lui, littérairement. L'aspect uniquement platonique de ses récits d'amour pour aller à contre-courant du sexe houellebecquien dans son aspect quotidien. Mais je ne juge pas cela à l'aune de mon ego de lecteur, pour qui la qualité littéraire d'un texte se réduirait à sa propension à assurer une "identification"...
Enfin, Labro est adorable à écouter, à regarder, même quand il aime écouter, regarder, comprendre tous ceux dont il honore la singularité humaine, dans leurs lumières comme dans leurs ombres. Que la presse illuminée l'encense pour de mauvaises raisons, ce n'est pas de sa faute. Ayez cet esprit critique, petits blogueurs modestement respectables ;)
Respectueusement,
MF
Enfin, les Lumières c'est aussi la querelle des Anciens et des Modernes, au sujet du réinvestissement du passé antique dans la littérature "contemporaine". Donc renseignez vous un peu avant de faire des rapprochements diachroniques littéraires stériles pour dévaluer quelqu'un simplement à l'aune d'une complaisance supposée de sa faute. Le lecteur de nos jours aime un texte qui parle de lui. Si y a des écarts, c'est nul. Si l'auteur parle de lui, de près ou de loin, c'est nul. Logique : le narcissisme de talent agace le narcissisme animal, végétatif, du lecteur lambda, bien pensant, rebelle, et égocentré. Cette perspective intéressera les historiens littéraires futurs sur l'adaptation des auteurs contemporains à écrire à une certaine réception du lectorat "grand consommateur" (unique dans l'histoire, d'où l'élitisme caractéristique des Lumières, avec l'imprimerie, etc)
Je trouve que les blogueurs ne se passent pas assez à la moulinette eux-mêmes, en gros. Voyez l'émulation complaisante, consensuelle, que votre responsabilité publique génère : des idiotes comme Moustafette trouvent Labro encore plus antipathique, alors qu'il n'a rien dit, rien fait. Il a juste eu le malheur d'inspiré un article bidon, betemente narcissique, hautement improductif sur le plan culturel et intellectuel, comme en on lit beaucoup d'autres. Vous avez fait perdre une lectrice quelconque à Labro. Au moins. Vous pouvez etre fiere de vous...beaucoup de gens pourront s'identifier à votre bassesse. Félicitations Mademoiselle Anne-Sophie...
Respectueusement,
MF
je ne vais pas vous tutoyer non pas parce que c'est votre volonté mais parce
que vous m'êtes tout à fait antipathique. Sur mon blog, on peut débattre,
certainement PAS INSULTER les gens. Vous défendez Labro, c'est votre
droit. Vous n'avez ni lu l'article du nouvel obs très complaisant ni lu ce roman
que j'évoque. Avant de me traiter de personne narcissique idiote et autres noms
d'oiseaux dont vous aimez vous gargariser, LISEZ.
Enfin, Monsieur, vous me reprochez d'être narcissique, alors je vous conseille
très fortement de balayer devant votre porte : j'ai un système qui permet de voir
par quels moyens on visite mon blog. Hors, votre ego est si grand que vous
avez fait plusieurs recherches dans Google pour vérifier que votre nom est
référencé. Eh oui, il l'est chez moi, chez Cuné et chez bien d'autres blogueurs.
J'ai lu vos commentaires et bien souvent, l'insulte, la provocation sont vos
armes. Que c'est bas !
Vous avez été censuré chez Whrath, soyez certain de l'être chez moi si
vous insultez encore quiconque.
Mademoiselle,
Je ne faisais que donner mon avis, participer à l'échange : débattre quoi. Que votre ego se sente à ce point indigne qu'il ne vous reste qu'à balancer des données privées et intimes, c'est votre problème. Mais ne jugez pas l'ego des autres avant de regarder votre voyeurisme pas du tout éthique : je ne me cache pas d'avoir une vie privée, un narcissisme génial et intelligent, d'aller vérifier mes traces virtuelles via google, puisque c'est une possibilité légitime, qui n'intéresse que ceux qui ont un probleme avec leur ego. Moi l'ego des autres me dérange pas, tant qu'il reste éthique, et qu'il ne supprime pas mon droit de réponse. Je ne supprimerai pas la bassesse de votre réponse meme si je pouvais le faire. Ensuite, j'ai pas été clair sur un point : je n'ai pas lu CE bouquin de Labro, mais j'ai lu "tomber 7 fois, se relever 8", qui m'a clairement convaincu de la dimension humaine et de la singularité de cet auteur, qu'on peut librement fustiger ou non, pour de bonnes ou mauvaises raisons. Ma bonne raison à moi, c'était la "betise" (registre courant, ne vous affolez pas, c'est référencé par l'académie francaise dans tous les dico) de votre plaidoierie stérile, son émulation gratuite sur des propos loin d'etre de l'ordre du débat (moustafette), et enfin, la valeur affective que j'ai à défendre cet homme injustement attaqué, qui me rappelle par bien des aspects mon feu grand-père. Enfin, quitte à recenser mon activisme virtuel, soyez humaine et utile : copier coller mon information sur le génocide du Darfour : il faut informer les gens, pour ne pas dire qu'on savait pas.
Respectueusement,
MF
PS : le probleme, c'est l'ego, pas l'"insulte". Votre ego vérifie les routines PRIVEES du mien. Moi je revendique mon narcissisme dans mon premier roman, non encore publié, car non encore envoyé à des éditeurs (et pourtant, dieu sait que je suis convaincu d'etre publié...sourire)
Le soutien des blogueurs serait plus utile ici : www.urgencedarfour.com
Egoistement,
MF
A lire en écoutant "La gravité" d'Abd Al Malik
Et ce que je dénonce surtout, c'est l'impossibilité de pouvoir critiquer, simplment émettre des réserves sur ce texte.
Je ne dénonce même pas cette journaliste qui a certainement été obligée de rédiger cet article de complaisance.
POurtant, il y a un problème et je le soulève.
Bonne journée