La Lettrine : le monde littéraire passé à la moulinette
Cette semaine, à la Une de Télérama : « Présidentielle, et si on parlait culture ? » Enfin ! Comme vous le savez, je m’intéresse aux lettres mais aussi à la politique et estime que l’Etat doit jouer un certain rôle dans le développement culturel français. Je m’impatientais donc de connaître les propositions des différents candidats en matière d’éducation, de création, d’art… Eh bien quelle déception ! Sept pages et très peu d’infos quant aux projets politiques de Ségolène Royal, Dominique Voynet, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Marie-George Buffet et Jean-Marie Le Pen. On y apprend davantage sur le comportement des candidats que sur leur vision de la culture. Seules deux candidates se détachent : Buffet et Voynet qui ont accepté immédiatement l’invitation des journalistes. Arrivistes, me direz-vous. Pas seulement. On sait que les communistes accordent une certaine importance à la culture, notamment leurs villes sont souvent dotées d’un théâtre ayant un programme de qualité, d’une maison de la culture offrant des activités artistiques gratuites aux moins favorisés… Bref, ces entretiens semblent s’être passés normalement. Cela n’a pas été le cas avec les autres. François Bayrou, par exemple a reporté à deux reprises le rendez-vous, Nicolas Sarkozy était pressé, très pressé. Il a convoqué les journalistes pour un petit déjeuner en coup de vent. Quant à Ségolène Royal, elle a créé l’événement. Elle s’est mise en colère de n’avoir pas reçu avant les questions, a proposé de donner la note de ses conseillers. Comme les journalistes ont réclamé des réponses personnelles, elle a demandé un nouveau rendez-vous parce que ce jour-là, elle n’avait « pas de temps ». Au final, quatre candidats sur six n’étaient pas très motivés pour répondre aux questions de Télérama sur leurs goûts personnels en matière de culture ni sur leurs propositions.
Franchement, leurs réponses frisent la caricature et sont bien rôdées. Ainsi, Marie-George Buffet, pleine d’utopie, veut relever le budget « jusqu’à 1% du PIB et non plus seulement à 1% du budget », Ségolène Royal souhaite rendre gratuit l’accès aux festivals et aux musées aux gens les plus démunis ; à l’autre extrême, Le Pen, qui n’est plus à une aberration près, déclare s’opposer à la gratuité car « quand on a payé, on se sent plus engagé à profiter d’un spectacle », de même, la « mission [de l’Etat] est la préservation du patrimoine, et pas sa création ». François Bayrou souhaite promouvoir une « culture de peuple (…), soutenir et rendre viable la création contemporaine ». C’est bien vague… Quant à Nicolas Sarkozy, c’est dans le cadre de l’enseignement qu’il s’est le plus largement étendu. Il souhaite une société élitiste. Selon lui, « la démocratie culturelle a échoué (…). Je veux que l’on donne à tous les enfants accès aux grandes œuvres de l’esprit. Mais attention, quand un enseignant demande à un enfant d’imaginer une autre fin du Cid, c’est dire à l’enfant qu’il peut se prendre pour Corneille, c’est le contraire d’une école de l’excellence ». J’ai tant à répondre à cette dernière affirmation polémique que je ronge mon frein pour ce soir et développerai plus tard mon point de vue.
On l’a vu : à gauche, rôle de l’Etat important, gratuité de la culture ; à droite, élitisme et préservation du patrimoine. Quid du livre ? d’Internet ? de la numérisation des livres ? Le débat sur la culture, espérons, ne fait que commencer.
Mme Buffet est sans doute un peu dans les nuages, mais il est évident que la recherche et la culture ont besoin d'être davantage pris en considération (je dis ça uniquement par conviction, indépendament de toute opinion politique). Les gens ont l'air de trouver ça assez marginal, un simple loisir. Les candidats traitent donc ces questions comme un phénomène marginal (ben oui, on gagne pas une élection comme ça).
Espérons-le, en effet !
J'en profite pour te féliciter pour le nouveau look, plus chaleureux et agréable que l'ancien. Je vais prendre d'autant plus de plaisir à venir !
A bientôt Anne-Sophie.
Quant à l'idée d'Alexandre Jardin, je... oui, bon, c'est Jardin, quoi (ok, je sais déjà que je vais me faire démonter pour ce jugement à l'emporte-pièce, qui passe pour carrément subjectif, oui, c'est vrai, bon, désolé).
Du coup, finalement, je ne sais pas si je suis très curieux de lire celle sur Sarko et Littell, ou si au contraire je n'en ai pas du tout envie, parce qu'effrayé d'avance. Mmmm... Je me tâte...
J'avoue que la politique culturelle je m'en fous. On va pas demander à des gens sans culture une politique culturelle (Francois Hollande y a un an : "c'est vrai, je le dis, j'aime pas lire...(comme ca, les millions de francais qui lisent pas vont voter pour moi!!! malin le mec, pas con)) Ou alors qu'ils fassent des blogs, déposent des commentaires amicaux débiles avec leur blog en lien pour la pub, et voilà. Lol (humour) Ca suffit que notre état autorise la culture, ca a pas toujours été le cas dans notre histoire, et c'est hélas le cas dans les dictatures. Ils ont vraiment plus urgents à faire, en politique, j'veux dire. Par contre, améliorer l'accessibilité à la culture, ca oué, ce serait bien : baisser les prix des musées, des BD, des bouquins contemporains hors livre de poche, du cinéma, du théatre : y aurait plus de "clients", plus de recette, et ca profiterait à tous. Bizarre que les commercants et les diffuseurs de culture comprennent toujours pas la loi de l'offre et de la demande. Ils s'imaginent que comme ca intéresse peu de gens, ca doit etre cher. C'est dans l'autre sens le probleme : c'est trop cher pour tout le monde! Alors les lecteurs choisissent, normal : mon budget étant limité, je ne lirai que Marc Lévy, ou que Harry Potter, ou que Domecq et Nolleau...pourquoi? bah parce qu'ils se vendent super bien, ce serait trop la honte si je l'avais pas aussi...Domecq et Nolleau? Bah parce que ca nous évite de lire nous meme Houellebecq et Angot, plus pratique. C'est comme les blogs littéraires! L'avis des autres sur les textes, les commentaires adorent! voilà, bonjour la culture...oué, y a du boulot pour rendre les gens moins cons : faut leur donner les moyens de l'etre moins, tout simplement.
Politiquement,
MF
La culture : grande absente du « pacte présidentiel » de Ségolène ROYAL
L’intégralité du programme culturel de Ségolène ROYAL se résume à deux propositions, 2 sur 100 : quelle ambition ! Les voici dans leur intégralité : « Soutenir la création et l’emploi culturels » et « inscrire l’éducation et la pratique artistiques à tous les niveaux de la maternelle à l’université ». C’est tout ! Une véritable honte pour le milieu culturel. D’autant qu’une fois encore, le programme de Ségolène ROYAL est creux et se résume à de simples intentions... on est loin du projet culturel de Nicolas SARKOZY, dont voici les principaux éléments :
Un budget mieux orienté
En termes financiers, Nicolas SARKOZY veut augmenter et protéger le budget consacré au ministère de la culture, sans jouer sur les périmètres. Concrètement, il souhaite réorienter les crédits du ministère de la culture sur les aides à la création et les politiques d'acquisition des œuvres, plutôt que sur les dépenses de fonctionnement.
Il construira par ailleurs un dispositif pérenne d'indemnisation du chômage des artistes et techniciens intermittents du spectacle, en concertation avec les partenaires sociaux.
Une « démocratisation culturelle »
Nicolas SARKOZY souhaite mettre l'éducation artistique à l'école au cœur de la démarche de démocratisation culturelle. Il veut permettre aux jeunes qui ont un talent et un engagement artistiques de les valoriser pour l'accès aux grandes écoles et dans les parcours universitaires.
Il propose également de lever tous les obstacles au mécénat et aux fondations. Il souhaite pour cela encourager l'intervention privée en fixant des obligations de résultats aux établissements publics culturels pour l'association de partenaires privés. Enfin, Nicolas SARKOZY demandera l’instauration de la gratuité dans les musées.
Un véritable service public de la culture
Nicolas SARKOZY souhaite accroître les obligations des chaînes publiques en matière d'émissions culturelles, notamment à des heures de grande écoute. Il veut aussi ouvrir davantage l'accès aux éléments du patrimoine d'habitude fermés au public.
En complément, le candidat de l’UMP prône le développement de l'accès à la culture par Internet, en créant des sites gratuits d'accès aux œuvres tombées dans le domaine public ou financées par des fonds publics. De plus, il s’engage clairement en faveur de la numérisation des archives nationales.
Une politique culturelle plus efficace
Nicolas SARKOZY propose de confier l'attribution des aides à la création à des agences indépendantes, composées d'experts, d'artistes et de représentants du public. Il veut également créer une instance de pilotage unique de la politique culturelle de
à l'étranger, sur le modèle du Goethe Institut par exemple.
Un rayonnement international de la culture française
Nicolas SARKOZY veut accentuer notre présence culturelle à l’étranger, notamment en Asie et en Amérique. Il souhaite par ailleurs accroître les moyens de l'enseignement du français à l'étranger et de l'aide à la formation des enseignants dans les pays en voie de développement.
Le candidat de l’UMP veut en outre permettre à la place parisienne de s'imposer sur le marché de l'art, en demandant à nos partenaires européens une réduction du taux de TVA à l'importation des œuvres. Enfin, Nicolas SARKOZY souhaite développer une politique de recrutement, d'accueil et de formation en France des futures élites artistiques étrangères.
Voilà un véritable projet culturel. Voilà une réelle ambition pour notre pays. A ceux qui voudraient commenter le projet de Nicolas SARKOZY, ce blog est fait pour ça : à vos commentaires !
Louis BAPTISTE