La Lettrine : le monde littéraire passé à la moulinette
Chers blogueurs, il doit vous arriver de recevoir des demandes en tous genres : lecture de manuscrits via votre boîte mails, aide à la correction de textes, promotion de blogs, etc. Et parfois, ce sont les éditeurs qui s’intéressent à vous, je dis « vous », en pensant « nous ». Ainsi, la semaine dernière, j’ai reçu un mail personnalisé de la part d’une maison d’édition. On félicitait la qualité de mon blog et surtout on m’engageait à découvrir le catalogue de la maison. Le mail s’achevait sur une proposition : les contacter pour dialoguer avec eux, ce serait un plaisir, selon eux.
Moi, naïve, je téléphone, j’ai envie de dialoguer avec cette fameuse maison qui apprécie ce que je fais et a envie de me connaître. A l’autre bout du fil, on est surpris. On interpelle la rédactrice du mail : « une blogueuse souhaite te parler, je te la passe ? ». Je sens la gêne, et commence à m’amuser de la situation. Celle qui souhaitait tant dialoguer avec moi accepte de me parler : « Je vous écoute, c’est à quel sujet ? ». J’explique : on m’a envoyé un mail me proposant de découvrir leur catalogue et de me mettre en rapport avec eux. J’accepte donc ! La fille est estomaquée : « c’est-à-dire que… euh… je me suis chargée d’écrire ce mail aux blogueurs… c’est la première fois qu’on nous appelle… Que voulez-vous savoir ? ». Pour l’aider un peu, je lui demande de me parler de leurs dernières parutions. La voilà soulagée : « dans ce cas, je vais vous passer l’attachée de presse ! ». Ce qu’elle fait immédiatement. Me voici désormais au téléphone avec une femme avenante mais pas tellement plus loquace... Je lui explique que parallèlement à mon blog, j’écris pour le Magazine des Livres. Soudain, la voilà plus intéressée. Elle prend mes coordonnées pour le cas où je souhaiterais recevoir des livres en service de presse.
Ainsi qui est pris qui croyait prendre : j’aime bien cette maison d’édition mais je trouve le procédé douteux. Sous prétexte que nous, blogueurs, sommes des lecteurs compulsifs, il serait facile de nous amadouer. Que les choses soient claires : si on veut nous faire découvrir des livres, des manifestations, aucun problème. Inutile d’en faire trop : nous ne sommes pas si crédules même si nous aimons jouer à l’être !
PS : je suis passé surton blog : impossible d'y laisser un message...
Je ne voulais pas les citer, mais puisque tu les a démasquées...
A bientôt, Anne-Sophie.
Je crois que je viens de trouver qui et cette maison d'édition...avec un "Z" non? je viens de recevoir le mail en question, et en deux exemplaires....;o )
Excellente note. Cette aventure du blogueur un peu méprisé mais soudain surévalué à l'annonce de ses vrais activités (celles lucratives), je l'ai vécu plusieurs fois. Le combat n'est pas gagné.
(Franswa, tu es partout où ça cause littérature!)
Finalement, c'est une forme de désincarnation comme une autre : une maison M envoie un mail plus ou moins formaté à des blogueurs B, B' et B"", partant du principe que ces derniers ne sont que des réceptables à communication (disons, des téléspectateurs passifs, sans moyen d'interaction avec la source d'émission).
Euh... en gros, c'est au petit bonheur la chance, et pourvu que personne, personne ne pense à essayer de créer un vrai contact.
C'est amusant (traduire... enfin tu as compris, quoi), franchement.