La Veilleuse de Stéphane Padovani est un récit qui m’a profondément touché. Publié en 2007, il n’avait guère rencontré l’écho qu’il méritait. Pendant cinq ans, nous avons perdu la trace de l’auteur. J’ai craint de ne plus pouvoir le lire. Mais quelle ne fut ma surprise en découvrant son nouveau texte : L’Autre Vie de Valérie Straub (aux éditions Quidam) car encore une fois, j’ai été bouleversée par cette lecture. Le texte est très court, et pourtant, vous n’aurez pas l’impression, en le refermant de rester sur votre faim, au contraire, vous ne parviendrez pas à vous séparer de ce personnage, Valérie Straub tant son destin est tragique. Valérie Straub est une ancienne terroriste qui a […]
Je ne vous présente plus le prix de l’Inaperçu dont je ne cesse de vous en dire le plus grand bien depuis quatre ans déjà. Si ? Ce prix se donne pour mission de récompenser un livre français et un livre étranger (ainsi que son traducteur) passés inaperçus dans les médias comme auprès du public. Ainsi, « sont admis à concourir pour le Prix de l’Inaperçu – en deux catégories (française et étrangère) – les livres : (1) qui n’ont pas reçu plus de deux ou trois revues critiques ; (2) dont les ventes n’ont pas dépassé le millier d’exemplaires (plus ou moins) ; et (3) qui l’auraient bien mérité, pourtant. » Comme tous les ans, le comité sélectionne minutieusement des livres qui valent le […]
Margaret Laurence est un auteur canadien à découvrir sans tarder ! et cela tombe plutôt bien : les éditions Joëlle Losfeld publient le dernier opus du Cycle de Manawaka : Un oiseau dans la maison. En réalité, ce recueil se situe en quatrième position dans le cycle, dont voici l’ordre : L’Ange de pierre (1664), Une divine plaisanterie (1966), Les Habitants de feu (1969), Un oiseau dans la maison (1970) et Les Devins (1974). Mais si Joëlle Losfeld n’a pas respecté l’ordre de publication, c’est simplement parce que cela n’a aucune importance. En effet, les cinq volumes se lisent de façon distincte. Ils ont un point commun : les histoires se situent à Manawaka, lieu imaginaire, ressemblant […]
Il y a bien longtemps que je n’ai plus animé ce blog pour diverses raisons que j’exposerai plus tard sans doute. En attendant, je vous propose de découvrir une figure majeure de la littérature canadienne : Margaret Laurence. Parce qu’une grande partie de son œuvre s’inspire de sa propre existence, en particulier le Cycle de Manawaka, voici quelques informations sur Margaret Laurence. Jean Margaret Wemyss naît en 1926 à Neepawa, petite ville canadienne qui deviendra le cadre de ses principaux livres. Dès les premières années de son existence, elle est confrontée au décès de ses deux parents. Elle se retrouve seule, à l’âge de 9 ans, avec sa tante, devenue sa belle-mère. Toutes deux […]
Je commence à vraiment prendre un réel plaisir à lire les nouvelles de la collection Polaroïd aux éditions L’Atelier In-8. Ce sont de petits textes noirs, souvent absurdes, grinçants. En quelques pages, l’auteur parvient à instaurer une atmosphère étrange, dérangeante. Marc Villard est le directeur de cette collection, qu’il présente ainsi : « Quand on me demande pourquoi j’ai choisi d’écrire sur le Noir, sur ce qui va mal, je réponds toujours que si tout était parfait, je n’écrirais pas. Je vivrais le bonheur d’exister dans un monde merveilleux. Polaroïd fait donc le choix du Noir. Les livres sont courts car, concernant une littérature d’urgence, l’essentiel est rapidement dit. Vouloir […]
En cette période de crise, les romans et récits remettant en cause la société de consommation se multiplient, et ce n’est pas pour me déplaire. On se souvient de l’excellent roman de Comac McCarthy, La Route. Certes, il s’agissait d’un roman apocalyptique. Pourtant, il s’agissait surtout pour l’auteur d’évoquer la filiation, les valeurs qu’un père veut transmettre à son enfant, le monde qu’il va lui laisser. Fortement inspiré par ce texte, Stéphane Beau propose lui aussi un voyage initiatique dans un monde en perdition : Les en dehors — La liberté pour horizon. (éditions du Petit Pavé). Dans un style simple, oral, l’auteur imagine une histoire d’amitié entre Léopold, ancien libraire […]
J’aimerais vous faire partager une lecture étrange et envoutante : L’Inquiétude d’être au monde de Camille de Toledo (Verdier). Il s’agit d’une longue litanie poétique sur la marche du monde. Ce fin recueil doit être lu d’une traite pour la simple raison qu’il est un tout cohérent, qui ne peut être interrompu. Camille de Toledo exprime avec une sorte d’urgence l’inquiétude du monde. Notre mal du siècle serait l’angoisse qui nous ronge tous, jeunes, vieux, sages ou malins. Tous nous éprouvons une inquiétude incommensurable face à ce monde en perpétuel mouvement où les territoires nous échappent, la communication, les relations entre les hbommes… Camille Toledo pourrait être nostalgique […]
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