Anne Sophie Demonchy
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Je dois être mal lunée ou avoir un humour snobinard (vous ai-je
conseillé le Dictionnaire de Littérature à l’Usage des snobs, chez Scali ?), mais j’ai été très déçue par Le Potentiel érotique de ma femme de David Foenkinos, le chouchou de
ces dames dans la zone. Je n’ai pas été conquise ; j’attendais mieux…
Le début s’annonçait bien. Un type, Hector, qui « avait une tête de héros », décide de se suicider. Mais il rate complètement son projet en faisant un malaise dans les couloirs du métro ! Il passe six mois en maison de repos, histoire de se remettre et de soigner ses pulsions pour les collections de toutes sortes : « les timbres, les diplômes, les peintures de bateaux à quai, les tickets de métro, les premières pages des livres, les touilleurs et piques apéritif en plastique… » (je vous épargne la liste entière). Il croit guérir en rencontrant une certaine Brigitte…
L’histoire est assez originale : un homme, après avoir collectionné des objets, collectionne les mouvements du quotidien de sa femme qu’il trouve terriblement érotiques. Pourquoi pas. Mais, certaines situations m’ont ennuyée, et la fin du livre s’essouffle un peu.
En découvrant le livre, j’ai été séduite, comme vous certainement, par l’humour de David Foenkinos. Le narrateur ne cesse de s’immiscer dans le récit et certaines réflexions sont vraiment plaisantes. Pourtant, si certaines situations m’ont amusée, les comparaisons sont vraiment tordues. Par exemple, quand Hector revient chez lui après six mois d’absence, la concierge feint de s’être inquiétée pour lui : « vous savez, cette façon d’être faussement inquiet, cette façon de se rêver en 1942, avec une voie si aiguë qui, tout près d’une voie, ferait dérailler un train ». Si vous avez compris, n’hésitez pas à m’expliquer…
Néanmoins, j’ai pris plaisir à lire certains passages, notamment quand le narrateur comprend que son frère est le préféré de la famille et paradoxalement « se sent presque bien ; il faut le comprendre, c’est la première fois de sa vie qu’il se trouve face à une évidence ». J’ai beaucoup aimé le portrait des parents, complètement décalés. Je suis restée encore très attentive quand Hector et Brigitte se rencontrent. Mais une fois que le quotidien s’installe dans leur couple, ainsi que l’ennui, je me suis installée à mon tour dans la routine et les « bons mots » du début du roman m’ont lassée…
Je sais bien que ce roman n’est pas au coeur de l’actualité, mais comment aborder Qui se souvient de David Foenkinos, si je ne connais pas l’auteur !
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