Anne Sophie Demonchy
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Je ne pensais pas vous parler de ce récit, Contact de Cécile Portier (coll. Déplacements, Seuil), non pas que je ne l’ai pas aimé, mais parce que sur le coup, il m’a laissée indifférente. Je l’ai lu sans déplaisir, mais je n’ai pas été particulièrement touchée par ce récit. Et pourtant… Cela fait plus d’un mois que j’ai refermé le livre, et je continue à penser encore à cette femme dans sa voiture, sur l’autoroute, voyant défiler les kilomètres et sa vie. Cette femme, dont on ne connaîtra pas le nom, et qui est peut-être l’auteur lui-même, mais peu importe ; cette femme donc hésite entre deux routes à prendre : celle qui la conduit vers un amant qu’elle vient de rencontrer et qui est porteur de mille promesses, ou bien celle qui la mène au bord de la mer, auprès de sa famille. Tandis que les kilomètres défilent, dans un long monologue intérieur, elle s’interroge sur le choix qu’elle doit faire, remords ou regrets.
Ainsi, la narratrice se remémore-t-elle tout ce qui lui pèse dans la vie conjugale et imagine sa vie auprès de cet amant qui la fait vibrer. Avec lucidité, elle analyse les repas familiaux qui finissent, avec le temps, par ne plus être un moment convivial mais une corvée que l’on cherche à fuir. Grâce à sa nouvelle rencontre amoureuse, la monotonie du quotidien promet d’être brisée. Mais la maîtresse qu’elle est aujourd’hui ne sera-t-elle pas déçue par l’homme qu’elle découvrira réellement avec le temps ?
Sur le chemin, loin d’être rectiligne, la narratrice fait un voyage intérieur traversé par des fuites en avant et des marches en arrière.
Il semblerait que Contact soit une réédition du récit Gendarmes couchés publié en octobre 2007 chez Intervista.
Une interview de l'auteur sur le site des éditions du Seuil : là
Interview très intéressante, notamment sur un point : j’étais persuadée que le narrateur était une femme, alors que l’auteur affirme que l’on ne sait pas. Certaines réflexions voire sensations me semblaient proprement féminines et pas un instant, je ne m’étais posée la question du sexe du narrateur. Je corrige, donc.
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