Anne-Sophie Demonchy
Blog sur l'actualité littéraire
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Il y a un an quasiment Boris Bergmann faisait sa première rentrée
littéraire. A l’époque ce jeune homme d’à peine quinze ans avait fait couler beaucoup d’encre : quelle qualité littéraire peut-on accorder à un adolescent ? Quelle légitimité y
a-t-il à publier un récit pareil ? Ne risque-t-on pas de lire une copie de collégien ? Car ne l’oublions pas au moment où Boris Bergmann écrit Viens là que je te tue ma belle –
journal imaginaire (Scali), il n’est qu’en…
4ème ! Le professeur de lettres que je suis a eu très peur de lire une copie de collégien. Ce n’est pas faux d’ailleurs car ce récit se présente sous la forme d’un journal
imaginaire, assez désordonné, parfois brouillon. Pourtant, il est indéniable que Boris Bergmann a un certain talent. Il parvient à évoquer avec une certaine fraîcheur le passage de l’enfance à
l’adolescence.
Le narrateur découvre un jour en colonie de vacances un magazine musical, Mojo, qui lui ouvre alors les portes du rock’n’roll. Dès lors, il décide que sa vie va changer… Chaque vendredi soir, il se rend dans des salles de concert parisiennes, se fait une bande d’amis tous plus vieux que lui, se rend aux tournées de Naast, des Second Sex, des Plasticines et des Shades, découvre le sexe, l’amour, l’alcool… Il transgresse ainsi de multiples interdictions énoncées par sa mère, commence à prendre son indépendance, à devenir libre. Ce récit initiatique est raconté avec beaucoup de franchise et de sincérité.
Mais c’est peut-être aussi cela le problème. Ce livre m’a dérangé. Non pas par le contenu parce qu’il n’y a rien de choquant à lire les émois d’un adolescent découvrant le sexe et la liberté. Rien de plus banal même. Ce qui me dérange, c’est la personnalité de ce narrateur : prétentieux, cynique. Pire : il sent le gosse de riche, gâté jusqu’au trognon. Reconnaissons lui une grande culture littéraire et musicale, qualité indéniable pour un garçon si jeune.
Pour parvenir à être le meilleur parmi les meilleurs, il suit ses propres règles de conduite ; ainsi la règle n°4 : « je ferai aux autres tout ce que je ne voudrais pas qu’ils me fassent ». Un état d’esprit… Si le narrateur est cynique, il est davantage prétentieux. Encore une fois, on me répondra que l’âge en est la raison. Alors je répondrai que si l’on doit lire ce récit couronné par le prix de Flore (du lycéen), on peut émettre des réserves comme n’importe quel autre livre.
Pour comprendre la personnalité de Boris Bergmann, je vous encourage à voir une vidéo : là
Boris Bergmann vient de publier un nouveau roman : Nous sommes cernés par les cibles que je ne manquerai pas de lire !
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