Anne Sophie Demonchy
Blog sur l'actualité littéraire
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Twitter : @asdemonchy
Dans un billet
intitulé : « car le temps des mauvaises écritures est passé », paru le 29 août 2008, sur son blog, François Bon donne quelques « conseils aux jeunes littérateurs » et surtout aux blogueurs que nous sommes. Nous connaissons le travail de fond phénoménal que l’auteur mène sur
Internet, et son ambitieuse entreprise de publie.net. Aujourd’hui, il
s’insurge contre le traitement des romans qui font la rentrée littéraire. En effet, la presse s’occupera d’une petite centaine de romans qui feront l’actualité et les 500 autres passeront à la
trappe. Aussi, François Bon nous interroge-t-il sur le rôle que nous avons à jouer, nous blogueurs, dans tout ce fatras…
La question est bien plus complexe qu’elle n’y paraît en réalité et recoupe d’une certaine manière celle que se posent les journalistes dans la presse ou la télévision… Les médias sont contraints, pour survivre (François Bon montre bien que les pages consacrées à la littérature dans Le Monde des Livres s’étiolent…), de traiter des livres qui deviendront des best-sellers, publiés chez de grands éditeurs qui payent des pages de pub dans ces mêmes journaux. Parfois, les journalistes se risquent à évoquer des auteurs tout à fait inconnus du grand public mais ceux-ci sont fondus dans la masse d’articles… Martine Laval, dans Télérama, s’est spécialisée également dans la critique de livres issus des maisons indépendantes et parce qu’elle est reconnue, et que son jugement est souvent juste, les lecteurs la suivent. Même phénomène avec Le Matricule des anges qui consacre la majeure partie de ses pages à des auteurs de qualité mais dont on fait peu écho ailleurs. Mais, cela a un prix…
En ce qui nous concerne, nous ne sommes pas contraints de traiter des livres dont tout le monde parle puisque nous ne sommes pas rémunérés… Pourtant, notre objectif est de survivre sur la toile et par conséquent, d’être lus.
J’ai ouvert mon blog il y a deux ans seulement et avant cela, je ne connaissais rien de cet univers, ni les sites littéraires, ni les forums… Rien. Je suis entrée en terre inconnue. Très vite, je me suis rendu compte que nous avions une très grande liberté d’expression, nous pouvions défendre des textes sans avoir la pression des grands médias. Et pourrant… Force est de constater que les lecteurs ont envie de connaître notre avis sur les livres qui font l’actualité. Je prends un exemple flagrant : Les Bienveillantes fut le grand roman de la rentrée 2006, le roman dont tous les médias ont parlé, qui a suscité moult débats et polémiques. Difficile de passer à côté. Dès mon premier billet sur le sujet, j’ai reçu des messages d’encouragements de la part d’éditeurs, de lecteurs. J’ai été reprise dans un magazine aux Etats-Unis (qui s’intéressait de près à Littell) et dans Le Nouvel Obs… Ces billets, et en particulier le premier, font encore aujourd’hui partie des cinq premiers billets lus sur mon blog depuis sa création !
Un autre exemple plus criant encore : chaque jour, je consulte les mots clés qui ont permis d’arriver sur mon blog. Les internautes, contrairement à ce que l’ont voudrait croire, sont très friands de Christine Angot et de son aventure avec Doc Gynéco… Nombre d’entre eux ont ainsi tapé des mots comme « Angot et son amant », « qui est l’amant d’Angot », « Angot et Pierre Jourde », « Angot / Naulleau »…
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