Anne Sophie Demonchy
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Je vous en parlais dès juin : le premier roman de Liliana Lazar, Terre des affranchis (Gaïa) est un véritable plaisir livresque. On est
très loin de la littérature à la française, nombriliste et psychologisante. D’ailleurs si Liliana Lazar écrit en français, elle n’en demeure pas moins roumaine… Et dans Terre des
affranchis, elle rend hommage à son pays et à ses traditions, mêlant légendes et Histoire.
Ce roman aurait pu commencer par « Il était une fois, dans une région lointaine au fond d’un bois » puisqu’il s’ouvre sur la légende d’un lac que les habitants ont baptisé la Fosse aux lions. Un lac mystérieux, effrayant et maudit. On y raconte qu’au XVIème siècle, les envahisseurs turcs s’y sont noyés. Dans ce pays très superstitieux, les vieilles dames affirment que « la nuit, les ossements des soldats turcs, qui depuis des siècles gisent au fond du lac, remontent doucement à la surface ». Depuis, l’on craint de rencontrer les moroï, morts-vivants rôdant la nuit, dans la forêt. Celui qui erre seul dans les parages et rencontre ces êtres sans âme sera maudit à son tour. Pourtant, certains se montrent téméraires : les jeunes générations viennent s’y retrouver pour faire l’amour, persuadées que le lac décuple leur plaisir sexuel… C’est dans ce cadre à la fois merveilleux et angoissant que le roman commence.
Les Luca sont une famille parmi tant d’autres de Slobozia. Une famille pauvre, refermée sur elle-même où le père ivrogne bat tant qu’il peut les siens. Mais leur calvaire prend fin le jour où le fils, Victor, prend leur destin en main et noie le père dans la fameuse Fosse au Lion. Il découvre ébahi que ce lieu, soi-disant infernal, le protège… Plus tard, il est amené à commettre un autre meurtre, guidé par une pulsion sexuelle incontrôlable : celui d’une jeune fille qui a repoussé ses avances. Ce meurtre a alerté les autorités qui se sont mises en quête de retrouver le coupable. De ce jour, Victor doit vivre en reclus, dans la maison de sa mère. En quête de rémission, Victor se voit offrir une occasion pour se racheter : le prêtre de Slobozia, en ces temps troubles du communisme, lui propose de recopier des livres interdits par Ceauşescu. Il découvre la vie d’un saint qui est parvenu à obtenir le pardon en sacrifiant sa vie. Il espère ainsi pouvoir trouver un jour l’occasion de se racheter et de recouvrir la liberté.
Pourtant les événements politiques troublent la relative tranquillité du village de Slobozia : le prêtre est arrêté, remplacé par un dévot hypocrite, un certain Daniel, désire s’installer dans la forêt pour pouvoir vivre sa foi pleinement à l’abri des regards. Mais leurs arrivées suscitent des réactions diverses et révèlent la personnalité des villageois. Le chemin de Victor, en quête de pardon, est semé d’embûche également. La superstition des villageois provoque les pires catastrophes… Ces hommes souvent peu instruits, reclus dans leur contrée, empêche. Toute ouverture d’esprit et analyse.
Terre des Affranchis est un magnifique roman qui se lit comme un conte, haletant : jusqu’au bout, le lecteur veut croire en la rédemption de Victor, espère en la victoire du Bien sur le Mal. En quelques lignes, Liliana Lazar est capable de traduire l’atmosphère délétère sous Ceauşescu. De même, elle rapporte coutumes et légendes de son enfance puisque elle-même a vécu à Slobozia, à la lisière d’un bois. En lisant ce livre, on a l’impression de retomber en enfance, prenant plaisir à se faire peur avec des histoires de fantômes, de sorcier et de loup-garou. Idéal pour reprendre la rentrée du bon pied !
Je vous en parlais dès juin : le premier roman de Liliana Lazar, Terre des affranchis (Gaïa) est un véritable plaisir livresque. On est très loin de la littérature à la française, nombriliste et psychologisante. D’ailleurs si Liliana Lazar écrit en français, elle n’en demeure pas moins roumaine… Et dans Terre des affranchis, elle rend hommage à son pays et à ses traditions, mêlant légendes et Histoire.
Ce roman aurait pu commencer par « Il était une fois, dans une région lointaine au fond d’un bois » puisqu’il s’ouvre sur la légende d’un lac que les habitants ont baptisé la Fosse aux lions. Un lac mystérieux, effrayant et maudit. On y raconte qu’au XVIème siècle, les envahisseurs turcs s’y sont noyés. Dans ce pays très superstitieux, les vieilles dames affirment que « la nuit, les ossements des soldats turcs, qui depuis des siècles gisent au fond du lac, remontent doucement à la surface ». Depuis, l’on craint de rencontrer les moroï, morts-vivants rôdant la nuit, dans la forêt. Celui qui erre seul dans les parages et rencontre ces êtres sans âme sera maudit à son tour. Pourtant, certains se montrent téméraires : les jeunes générations viennent s’y retrouver pour faire l’amour, persuadées que le lac décuple leur plaisir sexuel… C’est dans ce cadre à la fois merveilleux et angoissant que le roman commence.
Les Luca sont une famille parmi tant d’autres de Slobozia. Une famille pauvre, refermée sur elle-même où le père ivrogne bat tant qu’il peut les siens. Mais leur calvaire prend fin le jour où le fils, Victor, prend leur destin en main et noie le père dans la fameuse Fosse au Lion. Il découvre ébahi que ce lieu, soi-disant infernal, le protège… Plus tard, il est amené à commettre un autre meurtre, guidé par une pulsion sexuelle incontrôlable : celui d’une jeune fille qui a repoussé ses avances. Ce meurtre a alerté les autorités qui se sont mises en quête de retrouver le coupable. De ce jour, Victor doit vivre en reclus, dans la maison de sa mère. En quête de rémission, Victor se voit offrir une occasion pour se racheter : le prêtre de Slobozia, en ces temps troubles du communisme, lui propose de recopier des livres interdits par Ceauşescu. Il découvre la vie d’un saint qui est parvenu à obtenir le pardon en sacrifiant sa vie. Il espère ainsi pouvoir trouver un jour l’occasion de se racheter et de recouvrir la liberté.
Pourtant les événements politiques troublent la relative tranquillité du village de Slobozia : le prêtre est arrêté, remplacé par un dévot hypocrite, un certain Daniel, désire s’installer dans la forêt pour pouvoir vivre sa foi pleinement à l’abri des regards. Mais leurs arrivées suscitent des réactions diverses et révèlent la personnalité des villageois. Le chemin de Victor, en quête de pardon, est semé d’embûche également. La superstition des villageois provoque les pires catastrophes… Ces hommes souvent peu instruits, reclus dans leur contrée, empêche. Toute ouverture d’esprit et analyse.
Terre des Affranchis est un magnifique roman qui se lit comme un conte, haletant : jusqu’au bout, le lecteur veut croire en la rédemption de Victor, espère en la victoire du Bien sur le Mal. En quelques lignes, Liliana Lazar est capable de traduire l’atmosphère délétère sous Ceauşescu. De même, elle rapporte coutumes et légendes de son enfance puisque elle-même a vécu à Slobozia, à la lisière d’un bois. En lisant ce livre, on a l’impression de retomber en enfance, prenant plaisir à se faire peur avec des histoires de fantômes, de sorcier et de loup-garou. Idéal pour reprendre la rentrée du bon pied !
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