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Lundi 27 novembre 2006 1 27 /11 /Nov /2006 20:57

        C’est un bien curieux roman que je viens de lire : Perdu le Paradis du néerlandais Cees Nooteboom. L’histoire mêle les époques, les pays et les genres. Dans le prologue, un homme, assis dans un avion, observe une jolie femme lisant. Il voudrait connaître le titre mais elle s’arrange pour ne pas le montrer. S’ensuit une réflexion sur la manipulation des livres par les femmes. Selon l’observateur, celles-ci sont extrêmement discrètes quant à ce qu’elles lisent. De leur côté, « les hommes ne lisent plus ». le prologue prend fin quand l’homme atterrit. 

       Sans transition, deux jeunes femmes brésiliennes, d’origine allemande, Alma et Almut, sont présentées. Toutes deux sont passionnées par la culture australienne. Elles sont étudié l’histoire de l’art et Alma s’est spécialisée dans la Renaissance et la représentation des anges dans les scènes d’Annonciation.

         Un jour, elles se décident à réaliser leur rêve : partir en Australie, à l’aventure. Alma rencontre un vieil homme, Cyril Clarence, spécialisé dans la culture aborigène. Grâce à lui, est posé le problème de la colonisation, des réserves, sortes de musées où sont regroupés les aborigènes, refusant le progrès. Ce passage est très intéressant car il n’affirme rien, il interroge. Les aborigènes ont-ils raison de vouloir garder leurs coutumes, et demeurer en dehors du monde moderne ?   Alma va également rencontrer un peintre, un aborigène, inaccessible dont elle va tomber éperdument amoureuse. A travers cette rencontre fugitive, elle perd son innocence et ses illusions et sa vision angélique du monde.

         Arrivée en Europe : c’est désormais la vie d’un critique littéraire, Erik Donzak qui nous est racontée. Mais ne vous inquiétez pas : à la fin, le puzzle est reconstitué !

          Dans Perdu le Paradis, l’auteur nous entraîne dans un univers vaporeux, léger mais étrange. On est quelque peu déboussolé par ces différents récits et narrateurs et par une histoire qui tarde à se mettre en place. Mais Nooteboom, qui n’en est pas à son premier essai (près d’une vingtaine de romans sont traduits en français), écrit un roman poétique et féerique, finalement bien ficelé.
Publié dans : Sans intérêt
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