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Lundi 19 février 2007 1 19 /02 /Fév /2007 16:43


En septembre dernier, Eric Naulleau et Jean-Philippe Domecq ont publié aux éditions de la Martinière, La Situation des esprits, pamphlet dans lequel ils se livrent sans concession à un état des lieux de la culture en France.

Eric Naulleau est un pamphlétaire, chroniqueur à Ca balance à Paris, sur Paris Première, auteur du Jourde et Nolleau, pastiche du célèbre Lagarde et Michard, dans lequel il épingle, avec Pierre Jourde, les auteurs reconnus que sont par exemple Houellebecq, Jardin, Sollers. Il est également éditeur à l’Esprit des péninsules. Jean-Philippe Domecq est écrivain et pamphlétaire, auteur notamment de Qui a peur de la littérature ?

 Ils étaient tous deux invités à la librairie Le Merle moqueur, hier après-midi, avec leur éditeur, Willy Persello.

 

Le constat : une dépression et une consternation culturelles dominent

A l’origine de La Situation des Esprits, une constatation : « quelque chose qui ne va pas ». Il y aurait, en France, « une dépression et une consternation culturelles ». Naulleau et Domecq se demandent en effet pourquoi la critique met en avant des œuvres médiocres voire consternantes comme Plateforme, équivalent d’un SAS du point de vue de la forme comme du vocabulaire.

 

Fin des idées et des idéologies

Mais ce n’est pas tout. Il y aurait une crise des idées et des idéologies : on est dans une société qui ne nous demande plus de penser. Naulleau pointe du doigt la Une du Nouvel Obs de cette semaine sur les intellos et leur engagement politique. Il dénonce le vide et les phrases creuses émanant de cette tribune où ces intellos sont censés expliquer pourquoi ils ont décidé de rejoindre Sarkozy. Point d’arguments : les intellos auraient ainsi cessé d’avoir recours aux idées.

 

Quel est l’intérêt de parler de Houellebecq ou d’Angot ?

Quels que soient leurs propos, Angot et Houellebecq sont cités comme un leitmotiv. Ils veulent dénoncer l’hypertrophie critique autour des livres, plus que médiocres, de ces deux auteurs. Pourquoi stigmatiser sans cesse ces deux auteurs, au point d’écrire Au secours Houellebecq revient en 2005 ? Parce qu’ils ne veulent pas multiplier les exemples. Ces deux auteurs symbolisent la dépression et la consternation littéraires.

Certes, messieurs les redresseurs de tort, mais il ne faudrait pas confondre exemple et acharnement. Si en effet, Christine Angot et Michel Houellebecq ont publié des textes plus ou moins médiocres selon les années, leur donner autant d’importance en les citant sans cesse c’est participer à cette « comédie humaine » orchestrée par les médias. A force de les stigmatiser, Domecq et Naulleau perdent un certain crédit et l’on peut se demander s’ils attaquent moins les textes qu’ils ne règlent des comptes personnels.

 

La remise en cause des critiques littéraires

Domecq et Naulleau dénoncent les journaux qui encensent des romans sans valeur littéraire. Il n’est plus question de critiquer des textes mais d’en faire leur promotion. A leur décharge, Naulleau rappelle que l’édition croule sous le poids des publications. Les journalistes doivent donc faire semblant qu’un certain nombre de romans valent la peine d’être achetés. Mais, par ce procédé, les médias se décrédibilisent et laissent penser que tous les livres se valent, sans hiérarchie.

D’autre part, on met sur le même plan œuvre littéraire et livre, écrivain et people. Sous prétexte qu’un texte est mal écrit, certains crient au génie avant-gardiste. Et pas question de critiquer au risque d’être pris pour un réac’ voire un fasciste. Enfin, ils dénoncent cette coterie littéraire où journalistes, éditeurs et auteurs complotent ensemble pour faire émerger des textes sans intérêt dans l’objectif d’ « emprisonner les esprits ».

 

 

Les deux pamphlétaires ont ainsi raconté différentes anecdotes sur le despotisme de Bernard Henri-Lévi ou de Sollers, la cabale contre eux puisque Domecq a été mis au ban de la publication pendant plusieurs années par représailles, les propos racistes et scatologiques de Christine Angot… S’il est vrai qu’il y a une la coterie littéraire, une difficulté à critiquer librement des romans dans la presse, une certaine complaisance des médias à l’égard de certains textes, on sent une haine profonde à l’égard de Houllebecq et d’Angot. Tous les arguments sont émaillés de références à ces deux auteurs, y compris de façon détournée. Par exemple, Naulleau a évoqué la polémique autour de l’avenir du roman et a félicité l’entreprise de la revue Inculte, mais a dénoncé celle de Todorov qui ne cite aucun exemple dans La Littérature en péril ou l’article du Figaro littéraire. Dans le supplément, Richard Millet et Jean-Marc Roberts estiment que « les vrais auteurs se comptent sur les doigts d’une main ». Si Millet est épargné parce qu’on lui reconnaît une véritable valeur littéraire, en revanche Roberts a été mis KO. Et qui est Jean-Marc Roberts ? L’éditeur de Christine Angot !

 

 

Publié dans : Polémiques
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