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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /2009 18:33


Q
u’est-ce qui pousse un jeune auteur français à s’intéresser au Grand Nord des années 20 ? Le goût pour l’aventure et les traversées à travers le désert arctique ? Une fascination pour le célèbre explorateur danois, Knud Rasmussen ou pour le film
Nanouk l’Esquimau de Robert Flaherty ? Sans doute les trois à la fois…

 

Dans son roman Je suis le chapeau (Rouergue éditions), Alex Cousseau met en scène deux enfants Inuits, Oukiok et Wanda, capables de surmonter tous les dangers pour rendre un chapeau au célèbre explorateur Knud Rasmussen. Leur père est mort, tué par un ours qui portait ce fameux chapeau. Pour eux, c’est un signe : Wanda, adolescente muette mais dotée de pouvoirs chamaniques, convainc son frère de partir sur le champ à la recherche de son propriétaire, dont ils ne savent rien. Pour cela, ils sont amenés à traverser à pied, à kayak comme en traîneau ou en hydravion le Groenland, le Canada avant de rejoindre l’Ecosse.

 

Au cours de leur voyage, ils font la connaissance de Robert Flaherty, en train de réaliser ce qui deviendra le premier documentaire : Nanouk l’Esquimau. Les adolescents, curieux, assistent au tournage. Oukiok veut comprendre comment la scénarisation de certaines situations types peut montrer la réalité. Ainsi, les Esquimaux qui jouent leur propre rôle ont un prénom de scène plus simple à prononcer pour les Européens. De plus, ils font semblant de pêcher, de chasser le phoque… L’objectif de Flaherty est de montrer la vérité des Esquimaux, de les montrer tels qu’ils se voient, de l’intérieur. Pourtant, les critiques que Woukiok fait sont les mêmes que l’on fera au réalisateur une fois le film sorti. On lui reproche notamment la «manipulation ethnographique».

 

Alex Cousseau s’est fortement documenté sur l’histoire de ce film. Certains passages évoquent notamment le fait que les Esquimaux aidaient à la réalisation, regardaient quotidiennement les rushs. C’est au cours de ces visionnages que Woukiok se pose tant de questions sur la vérité et ses rapports avec le cinéma. Il participe par exemple à la construction d’un igloo deux fois plus grands que les igloos ordinaires et regarde médusé des scènes inventées par Flaherty et qui ne lui semblent pas crédibles… Et précisément, on a reproché au réalisateur de plaquer des idées préconçues sur la réalité des Inuits.

 

Leurs aventures se poursuivent en Ecosse. Oukiok découvre le monde du travail, les mines, les syndicats et les grèves. Au fil des pages on croise différentes figures historiques comme Rasmussen ou Churchill… C’est un roman d’aventure, dense, bien documenté. Les jeunes lecteurs s’attacheront autant aux péripéties qu’aux deux Inuits dotés de pouvoirs magiques.   

 

En postface, sont insérées des photos et des annexes. Mais, j’ai été quelque peu déçue, en tant que passionnée du Grand Nord : aucune information n’est donnée sur Robert Flynn ou Rasmussen, pas plus que sur la vie au Groenland …

 

 

 

Prochainement : l’interview d’Alex Cousseau 

Publié dans : Pas mal...
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